A n’en pas douter, le bio fait actuellement recette dans la cosmétologie du bien-être : le besoin de naturel, l’envie d’utiliser des produits sains, le souci de ne pas altérer sa santé, le désir « basique» de sauvegarder la nature (et la planète !), la nécessité d’être en adéquation avec le Grenelle de l’environnement, ou plus égoïstement le simple souhait de « sauver sa peau ».
Il y a toujours une bonne raison de justifier cette véritable mode du bio qui fait exploser les compteurs de la croissance même en période de crise (40% d’augmentation entre 2006 et 2007 dans la cosméto bio), sur un marché encore minoritaire (seulement 2,5% du marché de la cosmétologie conventionnelle en 2008). Les professionnels du secteur ont bien compris le message : pas un salon professionnel où vous ne découvrez de nouvelles marques bio, des gammes qui se veulent naturelles, des arguments marketing qui font « grand cas » d’actifs végétaux ou d’huiles essentielles.
Les grands noms de la cosmétique ont d’ailleurs très vite investi cette nouvelle tendance : Estée Lauder à lancé Origins Organic, l’Oréal a racheté Sanoflore, l’Occitane a pris le contrôle chez Melvita. Le bio, jusqu’à présent cantonné dans les magasins spécialisés (naturels et diététiques) est maintenant distribué en parapharmacies, en parfumeries, en instituts de beauté ou en spa et part à la conquête de la grande distribution : Carrefour sous sa marque de distributeur « Agir bio » propose des produits à prix cassés et pourtant certifiés Ecocert.
Car dans l’univers du naturel et du bio point de salut sans certification !
Si le consommateur est assurément au rendez vous du bio , il est souvent de plus en plus informé et en demande toujours plus, influencé par des médias toujours prêt « à caresser dans le sens du poil » les nouvelles tendances !
Alors pour que beau rime avec bio, pour que « bien-être » se conjugue au naturel, l’utilisateur demande des garanties : la course au label est ouverte.
AB (Agriculture Bio), BDIH, Cosmebio, Ecocert, Nature et progrès, Soil association ; le nombre des labels et organismes certificateurs ne cesse d’augmenter et de créer une nébuleuse au sein de laquelle même les spécialistes ont du mal à se retrouver.
Jugez un peu : alors que la charte Ecocert (France) accepte 5% d’agents de synthèse pour assurer la conservation des produits , BDIH (Allemagne) n’autorise aucun produit issu de la pétrochimie. Ainsi dans un produit dit « naturel » répondant au cahier des charges Cosmebio (France) vous pouvez retrouver de l’acide benzoïque, formique, salicylique, ou sorbique et certains de leurs dérivés (sels)… : vous avez dit naturel !
Il faut de surcroît payer très cher pour faire labelliser un produit (souvent entre 15 et 20 000€) ou pour adhérer à l’association Cosmébio (fonction du CA de la société). De ce fait certains petits laboratoires (à distribution sélective) préfèrent à juste titre investir dans la « qualité vraie » d’un produit plutôt que dans « l’achat » d’un label.
Enfin certains constituants ne peuvent être référencé bio ou très difficilement (les algues les arbres) et on est en droit de se demander si la production d’ingrédients bio ( actuellement 2% de la surface agricole en France – 6% à l’échéance 2010 pour respecter le Grenelle de l’environnement ?!?... ) va être suffisante pour satisfaire la demande toujours grandissante des marques.
En résumé, un univers du bio que l’on pourrait décrire à deux vitesses : d’un coté des produits labellisés (parfois à des prix très attrayants et présent dans la grande distribution) répondant à un cahier des charges à minima et de l’autre des produits plus élaborés, plus « bio » mais parfois sans label (souvent plus chers et destinés à des distributions de « niche »).
Reste au consommateur que nous sommes à faire le bon choix et à rester vigilant dans un domaine où, comme ailleurs, le marketing est roi et la publicité omniprésente.